Les mesures électriques des machines industrielles et des génératrices doivent être réalisées comme un ensemble d’essais complémentaires, et non comme une seule lecture. Seule la combinaison de la mesure de la résistance des enroulements, de la résistance d’isolement IR, de l’indice de polarisation PI, des essais haute tension et du test Surge permet d’évaluer si le problème concerne l’isolation à la masse, l’isolation entre spires, l’asymétrie des phases, l’humidité, l’encrassement ou une dégradation progressive des enroulements. C’est précisément pourquoi un diagnostic correct des machines industrielles et des génératrices doit être planifié méthodiquement, en tenant compte de la température, des conditions de fonctionnement et de l’historique des pannes.

Dans la pratique des services de maintenance, le plus coûteux n’est pas la mesure elle-même, mais l’absence d’interprétation correcte des résultats. Considérer trop rapidement une machine comme opérationnelle peut entraîner un arrêt non planifié de la ligne, l’endommagement d’un variateur de fréquence, d’une alimentation, d’un circuit de puissance ou de l’électronique de commande. À l’inverse, une décision trop hâtive de remplacer tout l’équipement génère souvent un coût plus élevé qu’un diagnostic, une réparation ou une régénération correctement réalisés.

Confiez le diagnostic de votre machine ou génératrice avant qu’une légère dégradation de l’isolation ne se transforme en panne coûteuse. Si vous souhaitez vérifier l’état des enroulements, de l’isolation et le risque lié à la poursuite du fonctionnement de l’appareil, contactez
nous pour des mesures, un service, une réparation, une régénération ou une modernisation.

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Quelles mesures électriques des machines industrielles et des génératrices vaut-il la peine d’effectuer ?

Pourquoi un seul test ne suffit-il pas pour évaluer l’état d’une machine ?

Il n’existe pas une seule mesure capable d’évaluer simultanément :

  • l’état de l’isolation à la masse,
  • l’état de l’isolation entre spires,
  • la symétrie des enroulements,
  • la résistance du système à la tension d’essai,
  • le risque d’endommagement sous charge impulsionnelle.

L’isolation externe concerne la relation entre l’enroulement et le noyau, le corps ou la masse. L’isolation interne concerne la relation entre les spires d’un même enroulement. Une machine peut réussir une mesure IR
tout en présentant un court-circuit entre spires en développement, qui ne se révélera qu’au test Surge
ou pendant le fonctionnement avec un variateur de fréquence.

C’est pourquoi des mesures électriques fiables des machines industrielles doivent inclure plusieurs méthodes, et pas seulement une lecture rapide au mégohmmètre.

diagnostic des génératrices

Par quoi commencer les mesures électriques des machines industrielles ?

L’ordre correct des essais se présente généralement comme suit :

  • inspection visuelle et évaluation des conditions de fonctionnement de l’appareil,
  • identification du type de machine, de la tension nominale et du mode d’alimentation,
  • mesure de la résistance des enroulements,
  • mesure de la résistance d’isolement IR,
  • détermination du PI, si les conditions de test le permettent,
  • essai haute tension AC ou DC, s’il est justifié du point de vue diagnostique,
  • test Surge en cas de suspicion de courts-circuits entre spires ou de dégradation de l’isolation interne,
  • analyse des résultats en fonction de la température, de l’humidité et de l’historique des pannes.

Dès cette étape, il convient de déterminer si l’essai concerne un moteur, une génératrice ou une machine fonctionnant dans une application à forte dynamique. Cela influence le choix des méthodes et le niveau de risque.

Comment effectuer les différentes mesures électriques des machines ?

Comment mesurer la résistance des enroulements et que dit-elle sur l’état des phases ?

La mesure de la résistance des enroulements de phase est généralement la première étape diagnostique. La grandeur mesurée est la résistance R, exprimée en Î©, et pour les petites machines et les enroulements courts, souvent en mΩ. Pour les faibles résistances, une mesure à quatre fils est recommandée, car elle limite l’influence de la résistance des conducteurs
et des contacts de mesure.

Les valeurs sont comparées entre les phases, et la symétrie est également évaluée. Les écarts peuvent indiquer :

  • une asymétrie des enroulements,
  • de mauvaises connexions,
  • des bornes desserrées,
  • une coupure dans le circuit,
  • une surchauffe locale,
  • certains défauts entre phases ou entre spires.

Il convient de rappeler que la résistance des enroulements dépend fortement de la température. Pour un conducteur, on peut utiliser la relation suivante :

RT = RT0 [1 + α(T − T0)]

Cela signifie que comparer des résultats sans référence à la même température peut conduire
à des conclusions erronées. Dans la pratique de service, cela signifie une chose : un résultat sans température est un résultat incomplet.

Comment mesurer la résistance d’isolement IR et interpréter le résultat ?

La mesure de la résistance d’isolement IR évalue l’état de l’isolation par rapport à la masse, au boîtier ou au noyau. La grandeur mesurée est également la résistance R, le plus souvent exprimée en MΩ ou GΩ. La relation est décrite par la loi d’Ohm :

R = U / I

où :

  • U â€“ tension d’essai [V],
  • I â€“ courant de fuite [A].

Si, à une tension d’essai de 500 V DC, la résistance d’isolement est de 100 MΩ, le courant de fuite est très faible et s’élève à environ 5 µA. Cela montre à quel point ce type d’essais est sensible et à quel point les conditions environnementales influencent le résultat.

La mesure IR est un très bon test pour évaluer :

  • l’humidité dans les enroulements,
  • l’encrassement de l’isolation,
  • la dégradation de l’état des surfaces isolantes,
  • les effets du stockage de la machine dans de mauvaises conditions,
  • le risque de claquage à la terre.

Il faut toutefois souligner que la seule mesure de la résistance d’isolement ne suffit pas à détecter tous les défauts entre spires. C’est une erreur d’interprétation fréquente dans les sites industriels.

Dans la pratique d’atelier, on rencontre des mesures réalisées à 500 V DC, mais le niveau de tension d’essai doit être adapté au type et à la classe de l’objet testé. La valeur limite ne peut pas être interprétée sans contexte. La température, l’humidité, le degré d’encrassement,
le type d’isolation et l’historique de fonctionnement de l’appareil sont également importants.

Vous avez des résultats IR ou PI inquiétants, ou vous suspectez un court-circuit entre spires ? Envoyez-nous les données de l’appareil et les symptômes de la panne. Nous vous aiderons à évaluer si un diagnostic
sur site, un diagnostic en atelier, une réparation, une régénération ou un remplacement est nécessaire.

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Qu’est-ce que l’indice de polarisation PI et quand est-il important ?

L’indice de polarisation PI est le quotient de deux valeurs de résistance d’isolement mesurées dans le temps sous une tension DC constante :

PI = R10 min / R1 min

Le PI est une grandeur sans dimension. Il ne s’exprime ni en ohms ni en volts. C’est un indicateur important pour évaluer :

  • l’humidité,
  • l’encrassement,
  • les processus de vieillissement de l’isolation,
  • les tendances de détérioration de l’état de la machine dans le temps.

Le PI est particulièrement utile lorsque l’on compare les résultats historiques du même appareil.
Dans le diagnostic industriel, la tendance est souvent plus importante qu’une lecture isolée.

Il faut toutefois garder à l’esprit ses limites. Si l’objet n’a pas été correctement déchargé
après un essai précédent, le résultat PI peut être faussé. L’indice PI doit donc faire partie d’une procédure, et non constituer un argument unique pour autoriser la machine à fonctionner.

mesures électriques des génératrices

Quand effectuer un essai haute tension AC ou DC ?

Un essai haute tension AC ou DC sert à vérifier si le système d’isolation supporte une tension supérieure à la tension de service sans claquage. Dans cet essai, on évalue non seulement la résistance, mais aussi le comportement de l’isolation.

Pendant l’essai, on analyse principalement :

  • la tension d’essai,
  • le courant de fuite,
  • la durée de l’essai,
  • la stabilité de la réponse de l’objet testé.

Ce type d’essai a du sens lorsqu’il est nécessaire d’évaluer la résistance électrique réelle de l’isolation, mais il exige une grande prudence. Après les essais haute tension, l’objet peut rester chargé ; sa décharge est donc un élément obligatoire de la procédure de sécurité.

Dans le diagnostic, il faut également tenir compte du caractère capacitif de l’objet testé. Pour la réactance capacitive, la relation suivante s’applique :

XC = 1 / 2Ï€fC

Et l’énergie stockée dans la capacité après l’essai peut être décrite par la formule :

Q = 1/2 CU2

C’est important non seulement du point de vue métrologique, mais surtout pour la sécurité du personnel de service.

Comment le Surge Test détecte-t-il les courts-circuits entre spires ?

Le Surge Test est l’un des essais les plus importants dans le diagnostic des enroulements lorsque l’on suspecte des défauts de l’isolation interne, c’est-à-dire des courts-circuits entre spires. Contrairement à l’IR classique, ce test
ne se concentre pas sur l’isolation par rapport à la masse, mais sur le comportement de l’enroulement lui-même sous excitation impulsionnelle.

La méthode repose sur la réponse d’un circuit résonant LC, qui peut être décrite approximativement par :

f ≈ 1 / 2π√LC

Une variation du nombre de spires actives, de la capacité parasite ou l’apparition d’un court-circuit partiel influence la forme de la réponse en tension amortie. Pendant le service, on analyse la conformité des courbes, les différences de crête et l’écart en pourcentage entre les phases.

C’est précisément ce test qui est souvent essentiel lorsque la machine :

  • réussit la mesure IR,
  • ne présente pas de claquage évident à la masse,
  • mais signale malgré tout des erreurs, chauffe excessivement ou fonctionne de manière asymétrique.

Il est également essentiel de choisir correctement la tension d’essai. Dans le cas des enroulements actifs, il faut faire preuve de prudence et ne pas augmenter la tension de manière agressive si une distorsion claire de la réponse apparaît déjà. Dans le cas contraire, le défaut existant peut être aggravé.

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Comment la température, l’humidité et l’encrassement influencent-ils les résultats ?

C’est l’un des domaines les plus souvent négligés. La résistance des enroulements comme la résistance d’isolement
dépendent fortement de la température. Pour l’IR, on utilise une correction à la température de référence :

Rc = Kt Â· Rt

Dans la pratique industrielle, on considère qu’une augmentation de la température réduit généralement la résistance d’isolement. De plus, le résultat est influencé par :

  • l’humidité dans les enroulements,
  • les contaminations huileuses et poussiéreuses,
  • le temps d’arrêt,
  • le mode de stockage,
  • la condensation de vapeur d’eau,
  • le degré de vieillissement des matériaux isolants.

Cela signifie qu’un diagnostic correct des machines industrielles ne peut pas s’appuyer uniquement sur un chiffre
fourni par l’appareil de mesure. Le contexte d’exploitation est indispensable. La même machine peut afficher des résultats différents le matin, après un arrêt, après un lavage, après un transport ou après un fonctionnement à température élevée.

diagnostic des machines industrielles

Quand les mesures doivent-elles aboutir à un service, une réparation ou une modernisation ?

Quels symptômes indiquent que le diagnostic des machines industrielles est urgent ?

Un diagnostic urgent est principalement indiqué par :

  • des alarmes de surcharge ou des erreurs d’entraînement,
  • un fonctionnement irrégulier de la machine,
  • un échauffement excessif du stator ou du rotor,
  • une baisse de rendement,
  • une asymétrie des courants de phase,
  • un fonctionnement instable avec alimentation par variateur de fréquence.

Dans de nombreux cas, la source du problème n’est pas un circuit de puissance endommagé, mais une inadéquation du mode de fonctionnement au caractère de l’application. C’est pourquoi un diagnostic fiable doit inclure à la fois l’électronique,
la configuration de l’entraînement et les conditions du process.

Que détecte le diagnostic des génératrices et des machines alimentées par variateurs de fréquence ?

Le diagnostic des génératrices doit prendre en compte non seulement l’état classique de l’isolation et des enroulements, mais aussi le mode de fonctionnement de l’appareil, les charges thermiques et les effets d’une exploitation de plusieurs années. Dans le cas des machines modernes alimentées par convertisseurs de fréquence, un problème supplémentaire apparaît : les impulsions de tension raides et les commutations rapides peuvent accélérer le vieillissement de l’isolation, en particulier dans les premières spires des enroulements.

Cela signifie que pour les machines fonctionnant avec des variateurs de fréquence, des servovariateurs, des convertisseurs
et des systèmes d’électronique de puissance, il vaut la peine d’élargir le champ du diagnostic avec des méthodes plus avancées d’évaluation de l’isolation. C’est particulièrement important lorsque l’appareil fonctionne de manière cyclique, dynamique
ou dans un environnement très poussiéreux, humide ou soumis à des variations de température.

Pour le service maintenance, cela signifie une règle simple : plus l’objet est soumis à des charges impulsionnelles
et dynamiques, moins il est pertinent de limiter le diagnostic à l’IR de base.

Quand une mesure sur site suffit-elle, et quand un diagnostic en atelier est-il nécessaire ?

Les mesures sur site ont du sens lorsqu’il faut évaluer rapidement l’état d’un appareil sans démontage complet
et prendre une décision opérationnelle. C’est une bonne solution pour :

  • les contrôles préventifs,
  • les remises en service après arrêt,
  • l’évaluation d’une machine après inondation ou transport,
  • le diagnostic initial d’une panne.

En revanche, le diagnostic en atelier est justifié lorsque :

  • les résultats sont ambigus,
  • un essai haute tension dans des conditions contrôlées est nécessaire,
  • un test Surge est indispensable,
  • un défaut entre spires est suspecté,
  • la machine doit être orientée vers une réparation ou une régénération,
  • une évaluation complète doit être effectuée avant un achat, un rachat ou une modernisation.

C’est également important d’un point de vue économique. Un diagnostic bien planifié réduit le temps de décision et permet d’éviter les situations où une usine commande un remplacement coûteux de l’ensemble de l’appareil, alors qu’un service ou une régénération suffirait réellement.

Comment limiter le coût d’arrêt et le risque de panne répétée ?

Les meilleurs résultats sont obtenus en combinant trois actions :

  • réaliser régulièrement des mesures électriques des machines,
  • effectuer un diagnostic après chaque événement inhabituel,
  • associer les résultats à une décision de service.

Si votre site dispose de moteurs, génératrices, servovariateurs, variateurs de fréquence, alimentations, automates PLC, modules I/O, panneaux HMI ou autres éléments d’électronique industrielle fonctionnant sur une même ligne, la panne d’un maillon se répercute très souvent sur les suivants. C’est pourquoi les mesures ne doivent pas se limiter à constater que « c’est bon » ou « c’est mauvais ». Elles doivent répondre à la question : quelle action est maintenant la plus rentable
pour l’usine ?

C’est précisément là qu’apparaît la valeur réelle du service. Un diagnostic professionnel des machines industrielles
et un diagnostic des génératrices permettent non seulement de détecter le problème, mais aussi de planifier l’étape suivante : service, réparation, régénération, modernisation, et si nécessaire remplacement ou rachat de l’appareil endommagé.

Si vous observez des symptômes inquiétants dans le fonctionnement de la machine, une baisse de fiabilité ou une détérioration des résultats de mesure, il ne vaut pas la peine d’attendre la panne complète. Dans de nombreux cas, un diagnostic rapide
et une prestation de service correctement choisie permettent de réduire considérablement l’arrêt, de limiter les coûts
et de sécuriser la continuité de production.

Vous devez évaluer l’état d’un moteur, d’une génératrice ou d’une autre machine tournante ? Il vaut la peine de commencer par des mesures électriques correctement planifiées, puis de passer aux actions qui remettront l’appareil
en fonctionnement : diagnostic, service, réparation, régénération ou modernisation.

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Bibliographie :

  • ABB, Manual for induction motors and generators [https://search.abb.com/library/Download.aspx?DocumentID=3BFP000050R0101&DocumentRevisionId=L, consulté le : 21.04.2026]
  • Schleich GmbH., Manuel de diagnostic des enroulements. Guide de base des méthodes et instruments de mesure fondamentaux pour ingénieur, édition 1.1. [https://astat.pl/katalogi/SCHLEICH-Podrecznik-diagnostyki-uzwojen.pdf, consulté le : 21.04.2026]
  • IEC 60034-27-4:2018., Rotating electrical machines – Part 27-4: Measurement of insulation resistance and polarization index of winding insulation of rotating electrical machines. International Electrotechnical Commission [https://cdn.standards.iteh.ai/samples/21978/2d3f0846afc7499190a2d8bcfa239328/IEC-60034-27-4-2018.pdf, consulté le : 21.04.2026]